Feuille de figuier attaquée par la teigne du figuier

Comment traiter la teigne du figuier ?

Vos feuilles de figuier se replient et prennent un aspect de dentelle troué ? C’est probablement la teigne du figuier, un petit papillon dont les chenilles minent le feuillage tout l’été. Bonne nouvelle : dans la majorité des cas, quelques gestes simples suffisent à enrayer l’attaque.

Nous vous expliquons comment reconnaître ce ravageur, quel traitement appliquer et à quel moment agir pour protéger votre arbre.

Comment reconnaître la teigne du figuier ?

La teigne du figuier attaque surtout entre mai et août, période où les jeunes feuilles sont les plus tendres. Les dégâts sont souvent visibles avant même que vous n’ayez repéré l’insecte lui-même.

Les symptômes sur les feuilles

Les feuilles attaquées présentent un aspect de dentelle ou de squelette le long des nervures. La chenille consomme la partie verte du limbe et laisse un tissu translucide en surface.

  • Feuilles repliées : elles se referment sur elles-mêmes, maintenues par des fils de soie tissés par la chenille.
  • Toiles soyeuses : de petits fils blancs apparaissent sur le feuillage et parfois sur les jeunes fruits.
  • Excréments noirs : visibles à l’intérieur des feuilles repliées, ils confirment la présence de la chenille.
Feuille de figuier en dentelle, attaquée par la teigne du figuier

À quoi ressemble la chenille et le papillon ?

La chenille de la teigne du figuier est petite, de couleur verte ou brunâtre. Elle se cache systématiquement dans une feuille repliée qui la protège des traitements et des prédateurs.

Le papillon adulte, lui, passe souvent inaperçu. C’est un petit lépidoptère brun-gris, discret, que l’on observe au repos sur le feuillage du figuier en fin de journée.

Vous pouvez observer l’insecte en action et l’évolution des dégâts jusqu’au fruit dans cette vidéo.

Comment traiter la teigne du figuier ?

Le traitement dépend de l’ampleur de l’attaque. En cas d’infestation légère, retirer manuellement les feuilles et fruits touchés suffit souvent, en particulier celles qui sont repliées et protégées par la soie.

Pour une attaque plus marquée, un traitement bio ciblé donne de bons résultats s’il est appliqué au bon moment.

Le traitement naturel au Bacillus thuringiensis

Le Bacillus thuringiensis (BT) est un insecticide biologique qui cible spécifiquement les chenilles. Une à deux pulvérisations suffisent généralement pour enrayer l’attaque, à condition d’intervenir tôt, avant que les chenilles ne se protègent dans leur tissage.

Pour une application efficace :

  • Moment idéal : pulvérisez le soir, sans vent ni pluie annoncée dans les heures qui suivent.
  • Zones à cibler : traitez le dessus et le dessous des feuilles, là où se nourrissent les chenilles.
  • Répétition : renouvelez l’application 7 à 10 jours après la première si les symptômes persistent.

Un traitement appliqué trop tard, une fois les feuilles bien repliées, perd une grande partie de son efficacité. La chenille est alors déjà à l’abri sous la soie.

Les pièges à phéromones pour compléter le traitement

Les pièges à phéromones capturent les papillons mâles et réduisent la reproduction. Installez-les dès avril ou mi-mai, dans la couronne du figuier, et renouvelez les capsules toutes les 4 à 6 semaines jusqu’en juillet.

Cette méthode se combine bien avec le BT : elle agit sur les adultes tandis que le traitement biologique cible les chenilles déjà présentes.

Quels dégâts la teigne provoque-t-elle sur le figuier ?

Les chenilles minent le limbe des feuilles le long des nervures, ce qui donne cet aspect translucide caractéristique. Le feuillage se déforme et se replie, réduisant la surface disponible pour la photosynthèse.

Ces attaques paraissent souvent spectaculaires, mais leur impact réel reste généralement limité les années normales. Lors des années où la pression est plus forte, les jeunes fruits peuvent aussi être touchés, ce qui entraîne parfois leur chute ou une déformation.

Un figuier déjà affaibli par la sécheresse ou d’autres maladies supportera moins bien des attaques répétées. La vigueur générale de l’arbre reste donc votre meilleure protection.

Comment prévenir une infestation de teigne du figuier ?

La surveillance régulière reste le geste le plus efficace. Inspectez le dos des feuilles par temps sec, dès le printemps et tout au long de l’été, pour repérer les premiers signes avant qu’ils ne se propagent.

Quelques habitudes limitent nettement le risque d’infestation :

  • Arrosage équilibré : un figuier vigoureux résiste mieux aux attaques de ravageurs.
  • Taille raisonnée : évitez les blessures excessives qui affaiblissent l’arbre.
  • Retrait systématique : supprimez les feuilles et fruits déjà attaqués pour limiter la reproduction.
  • Pièges à phéromones : installez-les dès avril pour intercepter les papillons avant la ponte.
  • Biodiversité au jardin : diversifiez les plantations autour du figuier pour favoriser les auxiliaires naturels.

Teigne, chancre ou cochenilles, comment ne pas confondre les maladies du figuier ?

Plusieurs problèmes touchent le figuier et provoquent des symptômes différents. Les confondre mène souvent à appliquer le mauvais traitement.

ProblèmeSymptômesTraitement
Teigne du figuierFeuilles repliées, dentelle sur le limbe, fils de soie.Bacillus thuringiensis et pièges à phéromones.
ChancreBranches nécrosées, plaies visibles sur l’écorce.Suppression des branches atteintes, fongicide et mastic à cicatriser.
CochenillesPetits amas blancs ou bruns sur les rameaux, feuillage collant.Mélange de savon noir, alcool à brûler et huile végétale.

Le savon noir n’agit pas sur la teigne du figuier. Il reste en revanche efficace contre les cochenilles, un ravageur bien différent qui s’installe sur les rameaux plutôt que dans les feuilles. Quant au vinaigre blanc, il n’a pas d’effet démontré contre les chenilles de la teigne.

Contre les maladies fongiques comme le chancre, la bouillie bordelaise s’applique à la chute des feuilles et avant le débourrement, à raison d’environ 20 g par litre d’eau. Espacez toujours les traitements fongicides d’au moins trois semaines pour éviter l’accoutumance des pathogènes. Un figuier bien traité fait souvent penser aux petits soucis saisonniers d’un citronnier qui peine à fleurir, où quelques ajustements simples suffisent généralement à relancer la plante.

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